Shahrnush Parsipur : une écrivaine engagée entre exil et liberté

Shahrnush Parsipur

Née en 1946 à Téhéran, Shahrnush Parsipur est une figure incontournable de la littérature iranienne contemporaine. Après des études de sociologie à l’université de Téhéran en 1973, elle se lance très tôt dans l’écriture : dès 1969, elle publie son premier roman pour la jeunesse, Tupak-e Qermez (Le ballon rouge).

Un parcours marqué par l’engagement politique

Très vite, Parsipur s’implique dans la vie culturelle de son pays. Elle devient productrice à la Télévision Nationale Iranienne, mais choisit de démissionner en 1976 pour protester contre des arrestations et exécutions politiques. Ce geste de résistance lui vaut à son tour l’emprisonnement.

À sa libération, elle s’installe à Paris, où elle suit des études de philosophie et de civilisation chinoise à l’Université de la Sorbonne entre 1976 et 1988

Retour en Iran et censure

Après la révolution de 1979, Parsipur rentre en Iran. Mais ses prises de position et ses écrits lui attirent à nouveau l’hostilité des autorités : elle est emprisonnée pendant quatre ans. Malgré la répression, elle continue à écrire et à publier des romans et nouvelles centrés sur la condition des femmes, leurs rapports avec les hommes et l’engagement politique.

En 1989 paraît Touba va ma’na-ye Shab (Touba et le sens de la nuit), un roman qui rencontre un large succès et est traduit en plusieurs langues. Un an plus tard, elle publie Zanan Bedun-e Mardan (Femmes sans hommes), œuvre rapidement critiquée par la République islamique. Ce livre inspirera plus tard la célèbre artiste visuelle Shirin Neshat, qui l’adaptera en 2008–2009.

Zanan Bedun-e Mardan de Shahrnush Parsipur version anglaise

L’exil définitif

En 1992, face à la pression constante, Shahrnush Parsipur choisit l’exil et s’installe aux États-Unis. Elle poursuit sa carrière littéraire et, depuis 2006, collabore également à différents programmes de Radio Zamaneh, basée à Amsterdam.

Héritage littéraire

Écrivaine de l’exil, Parsipur est reconnue pour son style mêlant réalisme, critique sociale et dimension poétique. Ses œuvres mettent en lumière les dilemmes des femmes iraniennes et plus largement, la tension entre liberté individuelle et contraintes politiques.

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