7 Questions à Anouk Bertaux

Cette semaine, nous allons à la rencontre d'Anouk Bertaux, une jeune historienne de l'Art, spécialisée en représentations des inhumanités et des violences.

C'est parti pour les 7 questions posées à Anouk Bertaux !


Qui est Anouk Bertaux ?


Je suis avant tout une jeune femme amoureuse de la vie et de la diversité humaine. Curieuse, je suis toujours en quête de connaissances sur des sujets très vastes parfois très loin de l’art. Je suis historienne de l’art, je me suis spécialisée sur les inhumanités. Je souhaite contribuer, à ma hauteur, à rendre le monde meilleur pour chacun de nous en transmettant mes savoirs sur des sujets délicats.


On constate à travers différentes sources d'information que vous traitez des sujets tels que les crimes de guerre, l'abolition de l'esclavage noir, les violences faites aux femmes et pleins d'autres sujets qui touchent à ce que l'humain d'aujourd'hui a toujours vécu finalement, alors en quoi consiste concrètement votre travail, et pourquoi avoir choisi de travailler sur des sujets aussi sensibles ?


Mon travail comporte différentes facettes. D’une part, l’accompagnement artistique que je propose, où j’aide à gérer les carrières de différentes artistes pour des demandes d’exposition, des candidatures, etc. Je rédige des textes variés, que ce soit des articles sur des œuvres, des artistes ou encore des galeries et autres structures culturelles. J’anime aussi des conférences sur l’histoire de l’art ou sur mes sujets de spécialité, ces fameux sujets sensibles. J’organise des ateliers sur ces thèmes pour tout public. Mon travail est très varié, il faut vraiment être polyvalent. Je me suis lancée en tant qu’historienne de l’art après des années d’étude sur les représentations des violences extrêmes. J’avais amorcée une thèse, que j’ai mis en suspens pour différentes raisons. J’ai remarqué que ces sujets sensibles sont abordés par les artistes plasticiens, y compris par des femmes, mais peu de personnalités de l’art, osent en parler.

Au final, toutes ces œuvres deviennent inaperçues ou noyées parmi les autres productions artistiques. Pourtant, l’engagement et l’intérêt de telles œuvres, malgré les difficultés et enjeux qu’elles soulèvent, constituent des tremplins non négligeables pour la construction d’un monde plus apaisé.


Anouk Bertaux est française de peau blanche, mais elle s'intéresse également beaucoup à l'histoire du continent noir, donc à l'Afrique, quelles sont les réactions autour d'elle ?


Quand une personne blanche, quelque soit son genre, s’intéresse à l’histoire de l’Afrique, cela dérange, toujours surtout si elle est une femme. J’ai très souvent des remarques, en privé ou parfois en public, hommes et femmes, comme si il n’était pas légitime que je parle par exemple du génocide perpétré contre les Tutsi au Rwanda ou encore de l’esclavage noir, même si c’est par les arts. Il faut s’y préparer et savoir répondre sans envenimer les choses : c’est aussi par cela que l’on se fait respecter et encore plus en tant que femme. Je me définis en tant qu’humaniste, c’est-à-dire que je ne fais pas de distinction entre les nuances de couleurs de peau de l’espèce humaine. Je pense qu’il faut se rallier, avec nos différences pour faire face aux personnes qui chercheraient justement à diviser.


Trois mots qui vous définissent ?

Passion, rigueur, ténacité.


Anouk Bertaux est plutôt une femme de caractère ou une femme Rebelle ?


Je suis plutôt une femme de caractère. Rebelle parfois, mais je préfère jouer dans les règles au maximum. Par contre je n’ai pas peur de les contourner, si j’estime qu’il est nécessaire pour avancer, si les règles deviennent trop restrictives par exemple : j’aime la liberté et l’expression de soi.


Quelles sont vos passions en dehors de votre travail ?


En dehors de mon travail, j’apprécie les plaisirs simples puisque j’ai fait de ma passion, l’amour de l’art, mon travail. J’aime particulièrement le retour à la nature, la danse, les voyages, le cinéma, le théâtre... tout ce qui peut m’évader sous diverses formes. J’aime aussi dessiner, faire de la photographie ou lire. Des passions simples !


Quels conseils donneriez-vous aux jeunes femmes qui comme vous, souhaiterais devenir historienne de l'Art ?


Tout d’abord, je leur dirai de croire en elles, peu importe le métier qu’elles veulent faire et d’écouter leur cœur, même si elles ne sont pas dans le bon milieu ou n’ont pas les bonnes conditions. Il faut persister, ne rien lâcher et s’écouter soi-même. Faîtes quelque chose qui vous ressemble. Vous avez tout pour réussir, même si c’est enfoui au fond de vous. En ce qui concerne le milieu de l’art, y entrer et se faire une place est relativement difficile. C’est énormément de travail sur soi à faire, y compris rester debout alors que les autres font tout pour essayer de vous faire chuter. Il faut rester digne en toute circonstance, humble et travailler sans l’exposer trop. Être historienne de l’art, ce n’est pas facile ; il y a beaucoup de connaissances à acquérir et à maintenir face à la concurrence. Ensuite, c’est votre personnalité et votre originalité qui feront le reste. Accrochez vous et n’oubliez pas que vous êtes votre meilleure alliée.

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