7 Questions à Claire Borde

Claire Borde est artiste-peintre et graveur, d'origine française. L'artiste dessine, pratique la peinture à l'huile et la gravure en taille douce, et c'est avec plaisir qu'elle a acceptée de répondre à nos questions.


Claire Borde femme artiste-peintre graveur

Pourriez-vous nous dire en quelques mots, selon vous, quelle est la place qu'occupe la femme artiste dans le monde de l'art contemporain en France ?


Si je me réfère au début du siècle dernier ou la reconnaissance de l’art des femmes était encore une exception, cette situation a évolué. Je pense à Cécile Reims, par exemple, d’avantage connue pour son travail d’interprétation au burin des dessins d’Hans Bellmer, Fred Deux ou Leonor Fini que pour ses propres recherches gravées. Même si actuellement, la place des artistes femmes en France s’établit de plus en plus au sein de la scène artistique française institutionnelle ou en galerie, leurs oeuvres sont encore à défendre, à présenter et en cela, votre démarche est essentielle.


Quel est le cheminement qui vous a conduit au dessin et à la gravure ?

Je dessine depuis très longtemps. J’ai rencontré la gravure à l’Ecole Régionale des Beaux-Arts de Rennes. Cette technique me fascinait par bien des aspects : la diversité expressive qu’elle offre, l’odeur de l’encre, des vernis, la presse taille-douce, la révélation de l’estampe après le passage sous la presse... Pour moi, la gravure et le dessin sont intimement liés.Vous êtes peintre-graveur, à la croisée de ces mouvements, comment définiriez-vous votre style ?


Quel message souhaitez-vous véhiculer à travers votre art ?


Je dessine avec de la couleur, je peins avec des traits. A cette époque de mes études artistiques, je cherchais à faire de la peinture avec les moyens du dessin, la gravure était le lieu de la pratique qui à mon sens permettait cette rencontre. Actuellement, si des croisements, des jonctions opèrent entre ces médiums, comme dans les nocturnes, elles se déploient également de façon autonome dans le registre propre de leur mise en oeuvre. La gravure, le dessin, creusets d’univers intimes, de notes, de recherches, sont des espaces de liberté, et peuvent recueillir tous les désirs, toutes les fantaisies. Cela ne signifie en rien que la peinture ne soit pas également un espace de liberté, c’est juste que la légèreté du papier est peut-être plus propice aux errements de la mains... peut-être, car rien n’est moins sûr que cette affirmation. Les liens entre ces divers éléments, dessin, peinture, sculpture ou gravure, font sens à mes yeux.


Vous êtes peintre-graveur, à la croisée de ces mouvements, comment définiriez-vous votre style ?


Je dessine avec de la couleur, je peins avec des traits. A cette époque de mes études artistiques, je cherchais à faire de la peinture avec les moyens du dessin, la gravure était le lieu de la pratique qui à mon sens permettait cette rencontre. Actuellement, si des croisements, des jonctions opèrent entre ces médiums, comme dans les nocturnes, elles se déploient également de façon autonome dans le registre propre de leur mise en oeuvre. La gravure, le dessin, creusets d’univers intimes, de notes, de recherches, sont des espaces de liberté, et peuvent recueillir tous les désirs, toutes les fantaisies. Cela ne signifie en rien que la peinture ne soit pas également un espace de liberté, c’est juste que la légèreté du papier est peut-être plus propice aux errements de la mains... peut-être, car rien n’est moins sûr que cette affirmation. Les liens entre ces divers éléments, dessin, peinture, sculpture ou gravure, font sens à mes yeux.


Quel message souhaitez-vous véhiculer à travers votre art ?


Il me semble que la peinture est un langage en soi. Si les dessins, les peintures ou les sculptures que je réalise peuvent toucher des regardeurs, quelque chose serait alors accompli ! Des récurrences sont à l’oeuvre dans ma pratique : l’effleurement de la main, les tracés organiques auxquels répondent la plénitude d’une couleur ou d’une forme géométrique, l’insaisissabilité de l’eau transcrite dans la matérialité d’une ombre et d’une morsure à l’eau forte sur le cuivre (La Source, racine de l’eau), le velours des textures... L’ensemble de ces éléments, d’apparence opposée, sont réunis en une dialogique...


Quelles sont les personnes et les choses qui vous inspirent ?


La nature m’inspire, particulièrement les cours d’eau entre les arbres. Le soleil qui révèle le cours de l’eau d’un ruisseau sur des pierres, les ombres, la lumière et ses phénomènes perceptifs, les reflets.

Le travail lui-même engendre le travail. Un chemin peut être exploré à chaque toile ou à chaque dessin, que je choisis de suivre ou pas. L’art de Cy Twombly m’impressionne, plus précisément, l’audace, la liberté, l’assurance de sa main dont témoignent les grands formats, alliées à la subtilité et à la délicatesse du ton. Un grand regard ! Bien que très opposée à l’énergie de Twombly, l’oeuvre de Francis Bacon, découverte lors de la très belle rétrospective Bacon en toutes lettres au centre Georges Pompidou, me nourrit d’avantage. Elle suscite une multitude d’idées visuelles, interroge le regard.


Quelles sont les différentes étapes de réalisation ?


Tout d’abord, il y a une pensée qui ressemble à une vision. Vient ensuite l’impossibilité de réaliser cette vision... L’immersion dans la matérialité dévoile les images, elles sont un surgissement. Tout le travail, à mon sens, réside à se rendre présent à ce qui se joue sur la toile. La peinture, le dessin ou la gravure viennent donner corps à cette irréalité. La texture de la peinture détermine la nature de la vision, matière du rêve, songes de lumière ou de son mystère.


Quel est votre plat français favori ?


J’aime trop de choses pour avoir un seul plat préféré... La nourriture recèle tant de saveurs ! C’est la diversité dans ses associations qui a ma faveur !



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